Vendredi 24 juillet 2026Actualité économique d'Afrique francophone

Prix de l’or : pourquoi il monte et comment le suivre

L'essentiel

  • Le prix de l’or est fixé sur les marchés mondiaux, en dollars par once troy (31,1 grammes), puis converti dans chaque monnaie locale.
  • Trois forces le tirent vers le haut : la demande de valeur refuge, la politique des banques centrales et la faiblesse du dollar.
  • L’Afrique pèse lourd dans l’offre mondiale : le Ghana, le Mali, le Burkina Faso et l’Afrique du Sud comptent parmi les grands producteurs, et la Guinée développe ses propres gisements.
  • Pour suivre le cours, il suffit de surveiller le prix de l’once en dollars et le taux de change de sa devise.

Le prix de l’or grimpe parce que les investisseurs du monde entier s’y réfugient dès que l’économie inquiète. Concrètement, un cours de l’or se lit toujours de la même façon : un prix pour une once troy, exprimé en dollars américains, que l’on convertit ensuite en euros, en francs CFA ou en francs guinéens. Quand l’incertitude monte, quand les banques centrales achètent du métal ou quand le dollar faiblit, l’once s’apprécie. Cet article explique ce qui fait bouger le cours, comment le lire au quotidien et quelle place l’Afrique occupe dans ce marché.

Sommaire

    Pourquoi le prix de l’or monte

    L’or n’a pas de rendement : il ne verse ni intérêt ni dividende. Sa valeur repose entièrement sur la confiance qu’on lui accorde comme réserve de valeur. Cette particularité explique l’essentiel de ses mouvements.

    Le premier moteur est la demande de valeur refuge. En période de crise, de guerre ou de forte inflation, les investisseurs vendent des actifs jugés risqués et achètent de l’or, considéré comme un rempart contre la perte de pouvoir d’achat. Cette ruée fait mécaniquement monter le cours.

    Le deuxième moteur tient aux banques centrales. Depuis plusieurs années, les institutions monétaires de nombreux pays, notamment en Asie, augmentent leurs réserves d’or pour réduire leur dépendance au dollar. Ces achats massifs soutiennent durablement les prix.

    Le troisième moteur est le dollar lui-même. L’or étant coté dans la monnaie américaine, un dollar faible rend le métal moins cher pour les acheteurs utilisant d’autres devises, ce qui stimule la demande et pousse le cours à la hausse. À l’inverse, un dollar fort a tendance à peser sur l’or.

    Comment lire un cours de l’or

    La référence internationale est le prix de l’once troy, une unité de 31,1 grammes héritée du système anglo-saxon. Tous les grands marchés, de Londres à New York, cotent l’or dans cette unité et en dollars.

    Pour connaître le prix dans sa propre monnaie, deux informations suffisent : le cours de l’once en dollars et le taux de change. Un particulier qui veut estimer la valeur d’un bijou raisonnera plutôt au gramme, en divisant le prix de l’once par 31,1, puis en appliquant la pureté du métal (18 carats correspond à 75 % d’or pur, 24 carats à de l’or fin).

    Unité Équivalence Usage courant
    Once troy 31,1 g Cotation internationale
    Gramme Once ÷ 31,1 Bijouterie, particuliers
    Kilogramme 1000 g Lingots, banques centrales
    Tola 11,66 g Marchés d’Asie du Sud

    Qui fixe le prix de référence

    Le cours mondial n’est pas décidé par un seul acteur. Il résulte en permanence des échanges entre acheteurs et vendeurs sur les grandes places financières. Deux fois par jour, à Londres, un prix de référence est toutefois établi lors d’une procédure encadrée, le fixing, qui sert de base à de nombreux contrats et transactions dans le monde.

    À côté de ce prix de référence, l’or se négocie en continu sur les marchés à terme, notamment aux États-Unis, où s’échangent des contrats portant sur des livraisons futures. Ces marchés, très liquides, influencent le prix au comptant que voit le grand public. Pour un particulier, l’essentiel est de retenir que le prix affiché à un instant donné est une photographie d’un marché mondial ouvert quasiment sans interruption.

    La place de l’Afrique dans le marché de l’or

    Le continent est un acteur majeur de l’offre mondiale. Le Ghana est devenu le premier producteur africain, devant l’Afrique du Sud qui fut longtemps en tête. Le Mali et le Burkina Faso figurent aussi parmi les dix premiers producteurs du continent, et l’exploitation aurifère structure une part importante de leurs recettes d’exportation.

    La Guinée, mieux connue pour sa bauxite, développe également ses gisements aurifères, notamment dans l’est du pays. L’or y côtoie le fer du projet Simandou et confirme le poids minier du pays dans l’économie régionale. Pour les États producteurs, un cours élevé signifie davantage de devises et de recettes fiscales, à condition que la production soit encadrée et déclarée.

    ≈ 31,1 gPoids d'une once troy, l'unité de référence

    Comment suivre le cours au quotidien

    Nul besoin d’outils sophistiqués. Les sites financiers, les applications de cotation et les rubriques économie des grands médias publient le prix de l’once en temps quasi réel. L’essentiel est de regarder deux chiffres : le cours en dollars et le taux de change de sa monnaie.

    Pour un lecteur en zone franc CFA ou en Guinée, il faut garder à l’esprit que le prix local dépend autant du taux de change que du cours mondial. Une once stable en dollars peut coûter plus cher en monnaie locale si celle-ci se déprécie. Suivre l’or, c’est donc aussi suivre sa propre devise.

    Or physique et or papier : deux façons d’en détenir

    Quand on parle d’acheter de l’or, on distingue deux grandes familles. L’or physique regroupe les pièces d’investissement, les lingots et lingotins, ainsi que l’or de bijouterie. Il a l’avantage d’être un actif tangible, détenu directement, mais il impose des contraintes concrètes : coût d’achat supérieur au cours du fait des frais de fabrication et de la marge du vendeur, question du stockage sécurisé et de l’assurance, et parfois difficulté à revendre rapidement au meilleur prix.

    L’or papier désigne les produits financiers dont la valeur suit le cours du métal sans qu’on le détienne physiquement : fonds indiciels adossés à l’or, certificats, actions de sociétés minières. Ces supports se négocient facilement et évitent les frais de conservation, mais ils ajoutent un risque de contrepartie et, pour les actions minières, une dépendance à la santé financière des entreprises. Le choix entre les deux dépend de l’objectif : sécurité patrimoniale et détention réelle d’un côté, souplesse et liquidité de l’autre.

    L’or face à l’inflation et aux crises

    La réputation de l’or comme protection contre l’inflation vient de son histoire. Sur de très longues périodes, le métal a globalement conservé son pouvoir d’achat là où les monnaies papier se dépréciaient. C’est particulièrement vrai lors des épisodes de forte inflation ou de perte de confiance dans une monnaie nationale, situations que plusieurs économies africaines ont connues.

    Cette protection n’est cependant pas mécanique ni immédiate. Sur des périodes plus courtes, le cours de l’or peut baisser alors même que l’inflation progresse, notamment lorsque les taux d’intérêt montent : un placement rémunéré devient alors plus attractif qu’un métal qui ne rapporte rien. L’or agit donc comme une assurance de long terme contre les accidents monétaires, pas comme un pari de court terme sur l’inflation.

    Faut-il investir dans l’or

    L’or protège le capital sur le long terme, mais il connaît des phases de baisse parfois longues. Il ne génère aucun revenu et son prix peut stagner pendant des années. Les spécialistes le considèrent comme une assurance plutôt qu’un placement de rendement : il a sa place en complément d’une épargne diversifiée, pas comme unique support. Une règle prudente consiste à ne lui consacrer qu’une fraction limitée de son épargne, le reste étant réparti sur d’autres actifs.

    Pour un particulier, plusieurs formes existent : pièces et lingots physiques, or de bijouterie, ou produits financiers adossés au métal. L’achat physique implique des frais et une question de conservation. Avant tout engagement, mieux vaut comparer les prix, vérifier la pureté et le poinçon, exiger une facture détaillée et se méfier des offres trop alléchantes, souvent synonymes d’arnaque. Sur les marchés informels, la prudence s’impose plus encore : contrôle du poids, de la pureté et de la crédibilité du vendeur.

    À retenir


    Le prix de l’or se lit en dollars par once troy, puis se convertit dans sa monnaie. Il monte avec la peur, les achats des banques centrales et un dollar faible. L’Afrique est un poids lourd de la production, et pour tout épargnant, suivre l’or revient à surveiller à la fois le cours mondial et la valeur de sa devise locale.

    Questions fréquentes


    Pourquoi le prix de l’or est-il exprimé en dollars ?

    Parce que le dollar est la monnaie de référence des marchés de matières premières. L’or est coté à Londres et à New York en dollars par once, puis chaque pays convertit ce prix dans sa propre monnaie selon le taux de change.


    Qu’est-ce qu’une once troy ?

    C’est l’unité de mesure de l’or sur les marchés, égale à 31,1 grammes. Elle diffère de l’once classique et sert de base à toutes les cotations internationales.


    Quels sont les grands pays producteurs d’or en Afrique ?

    Le Ghana est le premier producteur africain, suivi de l’Afrique du Sud, du Mali et du Burkina Faso. La Guinée développe aussi ses gisements aurifères, en complément de la bauxite.


    Le cours de l’or peut-il baisser ?

    Oui. Malgré sa réputation de valeur refuge, l’or connaît des phases de baisse, parfois longues. Il protège le capital sur le long terme mais ne garantit aucun gain à court terme.


    Amadou Bailo Diallo
    Amadou Bailo Diallo

    Journaliste économique franco-guinéen. Douze ans de couverture de l Afrique de l Ouest : économie, mines, télécoms et diaspora. Écrit sur les chiffres avec précision, sans sensationnalisme.

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