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Guinée : Des élections aux scénarios identiques 

 

 -Le pays manque cruellement d’hommes d’Etat.- La Démocratie ne se négocie pas, elle s’applique

Le film politique guinéen ne divertit plus, il est joué par de faux acteurs qui n’ont jamais compris le sens de son thème (Démocratie) et le metteur en scène (communauté internationale) ignore les attentes du public (peuple de Guinée). Il nous faut un nouveau scenario qui nous relate fidèlement les réalités de notre quotidien. Et pour cela, il nous faut impérativement de nouveaux acteurs

L’UFDG est une victime politique de son duo Cellou Dalein-Bah Oury. Elle est habituée au rendez-vous manqué, au si on savait ou cette année encore, on nous a volés…. Aussi longtemps que les militants refuseront de résoudre le problème Cellou-Bah Oury, ils n’auront que leurs yeux pour pleurer

La rencontre du 30 octobre 2015 entre Alpha Condé et Bah Oury est le résultat de l’attitude de Cellou sur l’exil de son vice-président. S’il s’était montré solidaire à Bah Oury, cette rencontre n’aurait sans doute pas eu lieu. Les militants de l’UFDG sont aussi complices que leur président, ils n’ont jamais osé exiger à Cellou de mettre la situation de Bah Oury sur la table des négociations

Les acteurs politiques de notre chère Guinée sont les plus inspirés en matière d’organisation d’élections avec une mise en scène bien orchestrée par la communauté internationale. Celle de la présidentielle du 11 octobre 2015 a pris du temps dans sa conception ; en réalité elle a commencé un certain 19 juillet 2011 (exil de Bah Oury, Tibou Camara, Sadakadji et arrestations des officiers supérieurs de l’armée) sous le regard indifférent des guinéens et de l’opinion internationale. Ne dit-on pas dans la vie courante que les mêmes causes produisent les mêmes effets ? Alors en Guinée, les mêmes acteurs politiques produisent jusqu’à maintenant les mêmes résultats. Tout le monde le sait aussi, Dieu aime la vérité et les politiques guinéens aiment le mensonge et ce genre de film amuse bien le peuple. Rappelons-le que le cinéma raconte parfois des histoires vécues, celle de la Guinée est triste au sens le plus dégradant du mot. Elle est le plus souvent difficile à expliquer et quand elle est expliquée, elle est si difficile à comprendre et pourtant, elle est vraie. Nos politiques blasés ont entre naïveté et égoïsme, enfoncés le processus de démocratisation du pays sous le riche sous-sol guinéen, refusant ainsi au peuple de Guinée, le bonheur collectif tant attendu. Les mots des politiques amalgament les maux du peuple de Guinée avec une assistance obliquée de la communauté internationale. C’est toujours le même scenario depuis l’indépendance et étrangement cela ne gêne pas les guinéens. Entre ceux qui parlent de changement depuis de nombreuses années, suivis de ceux qui se disent compétents et de ceux qui affirment aujourd’hui que le pays est malade, tous ont été vus à l’œuvre et sont à des hiérarchies différentes, responsables de la situation du pays. La récente rencontre entre le bourreau et la victime, au nom d’une réconciliation nationale utopique ? Nous laisse perplexe. De quoi souffre la Guinée ? Un diagnostic urgent s’impose avant que le virus ne se propage sur les générations futures car, le risque est grand.

Il n’y a pratiquement plus de mots pour expliquer et citer les maux dont souffre la société guinéenne. Et pourtant le découragement n’est pas permis pour ceux qui aiment et rêvent de voir la Guinée sur le podium des Etats de Droit. Le parcours à suivre est sans doute long mais réalisable pour tous ceux qui croient encore en une Guinée démocratique au sens le plus élévateur du terme. La présidentielle du 11 octobre 2015 a aggravé la situation et cela par la faute de nos politiques et de leurs complices qui sont en manque d’imagination pour nous changer ce scenario qui perdure depuis notre indépendance. Cette élection nous confirme d’office que ce n’est pas cette génération de politiques qui mettra la Guinée sur la belle voie de la démocratie. Ce sont des politiciens dépourvus de tout sens de l’honneur et de la responsabilité pour servir le pays, ignorant même l’image négative qu’ils encollent à la Guinée. Le pays manque cruellement d’hommes d’Etat.

La confirmation des résultats définitifs par la cour constitutionnelle, de la présidentielle guinéenne du 11 octobre 2015, est une énième défaite nationale mais aussi une défaite de la démocratie en Guinée. Une défaite délibérément voulue par tous les politiques et de tous les partenaires techniques et financiers de la Guinée. Il faut bien se l’avouer ; de la préparation de cette élection à sa tenue, tout à été fait pour occulter la si petite lumière de transparence. Pour l’instant, les politiques guinéens et leurs complices ont réussi à institutionnaliser le mensonge, l’injustice, l’arbitraire, le vol au sommet de l’Etat. Ils refusent l’enracinement de la démocratie dans les mentalités des citoyens guinéens, ils abusent de la naïveté et de l’ignorance de ces derniers pour arriver à leur fin machiavélique. Il y a lieu de s’inquiéter et d’avoir peur du peuple de Guinée et de sa classe politique actuelle. Ils sont tous d’accord d’accepter de vivre dans le mensonge, dans la misère, dans l’incertitude totale et se refusent volontairement la paix du cœur, le bonheur collectif. Cette situation perdure depuis des décennies. D’un régime à un autre, ce sont les mêmes Hommes avec les mêmes méthodes qui tirent les rênes du pays et malgré tous les maux causés, ils refusent de se repentir. Bon Dieu, qu’avons-nous fait pour mériter un tel châtiment ?

Cette défaite est certes nationale cependant, les plus grands perdants sont le  RPG du président réélu, Sidia Touré et son UFR, l’UFDG de Cellou Dalein.

Dès 2010, Alpha Condé a très vite compris qu’il ne peut pas gérer le pays seul et que son RPG n’avait pas les cadres pour gouverner et garder un pouvoir acquis au prix de nombreuses années de lutte et du sang des martyrs. Il n’avait que deux solutions, tout d’abord développer le réflexe de ces prédécesseurs, c’est-à-dire la théorie des complots pour éliminer et éloigner les hommes qu’il craint. Ensuite reconstituer le clan utilisé par Feu Lansana Conté pour se maintenir au pouvoir. L’élection du 11 octobre 2015 conforte notre analyse car, aucun membre du RPG de la première heure n’a été utilisé pour sa réélection (Nantou Chérif, Salim Cissé, Bantama Sow………..) nous avons plutôt vu les cadres d’antan du PUP (Kassory Fofana, Kiridi Bangoura, Fodé Bangoura, Chantal Colle ……) « manœuvrer » comme d’habitude à un remake de la présidentielle de 1998. Alpha le politicien est devenu politique ! Qui a perdu ? Il faut le chercher du côté du RPC comme le prononcent les vrais militants.

Décidément, notre ami Sidya est la victime politique d’Alpha Condé. Après avoir orchestré en 2010 pour lui chiper la 2ème place lui permettant d’aller au second tour de la présidentielle, cette année en grand maître distributeur, Alpha lui attribue le score de 6%. Après avoir échoué dans sa stratégie de candidature unique autour de sa personne pour l’opposition républicaine, Sidya a tout simplement participé à ces élections pour permettre à Alpha de se maintenir « si ce n’est pas moi, on gâte tout ». Pourtant, c’est grâce à l’UFDG de Cellou Dalein que Sidia Touré et son UFR se sont refaits une santé politique aux législatives de 2013. Connaissant son poids politique, désormais Sidia est entre le marteau et la bigorne. Sa récente rencontre avec Alpha, nous dit qu’il a plutôt choisit le marteau. Qui a encore perdu ? Aux citoyens d’en juger.

L’UFDG est une victime politique de son duo Cellou Dalein-Bah Oury. Elle est habituée au rendez-vous manqué, au si on savait ou cette année encore, on nous a volés…. Aussi longtemps que les militants refuseront de résoudre le problème Cellou-Bah Oury, ils n’auront que leurs yeux pour pleurer jusqu’en 2020 encore. A l’instar de Sidya Touré, Cellou et Bah Oury sont aussi des victimes du professeur Alpha Condé. Le 19 juillet 2011, Alpha Condé ordonne la mise en scène du scenario imaginé pour démanteler l’UFDG. Bah Oury est accusé d’être l’instigateur du complot et est obligé de s’exiler en France. De retour au pays après de longs mois d’absence suite à sa défaite de 2010, Cellou est reçu à la présidence et là, Alpha lui tend le piège de l’exil de Bah Oury. Sachant bien que la cohabitation avec son bouillant vice-président s’annonce difficile au sommet du parti, Cellou se sert de cette affaire pour maintenir ce dernier en exil. Le piège du professeur fonctionne et Cellou n’étant pas politicien ne mesurera pas de si tôt la conséquence de son acte. La rencontre du 30 octobre 2015 entre Alpha Condé et Bah Oury est le résultat de l’attitude de Cellou sur l’exil de son vice-président. S’il s’était montré solidaire à Bah Oury, cette rencontre n’aurait sans doute pas eu lieu. Les militants de l’UFDG sont aussi complices que leur président, ils n’ont jamais osé exiger à Cellou de mettre la situation de Bah Oury sur la table des négociations. Et aujourd’hui, qui a encore perdu ? Sans aucun doute, l’UFDG. Nous avions dit que la réconciliation de Dakar entre les deux, était une réconciliation de circonstance, Cellou avait besoin d’afficher une unité avec son vice-président pour aller à la présidentielle et Bah Oury avait besoin de déjouer le complot d’exclusion du parti par Cellou. La réconciliation de Dakar était donc sociale, circonstancielle, pas politique ; la preuve, elle n’a jamais été formellement actée. Qui a trompé qui ? Bref, Cellou et Bah Oury sont aujourd’hui l’argument politique, autant pour nous, le coup KO politique du professeur Alpha Condé. Se relèveront t-ils de ce coup là ? Wait and see.

Le film politique guinéen ne divertit plus, il est joué par de faux acteurs qui n’ont jamais compris le sens de son thème (Démocratie) et le metteur en scène (communauté internationale) ignore les attentes du public (peuple de Guinée). Il nous faut un nouveau scenario qui nous relate fidèlement les réalités de notre quotidien. Et pour cela, il nous faut impérativement de nouveaux acteurs.

Qu’Allah nous donne de nouveaux acteurs et de nouvelles actrices désireux de nous jouer le film démocratique que nous attendons tant. Amen.

NB : La Démocratie ne se négocie pas, elle s’applique.

Marwane Diallo.

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